Share/Save/Bookmark

Presented by the
Newfoundland's Grand Banks Site
to assist you in researching your Family History

Click on the graphic below to return to the NGB Home Page
Newfoundland's Grand Banks

To contribute to this site, see above menu item "About".

How to report a possible transcription error

These transcriptions may contain human errors.
As always, confirm these, as you would any other source material.

 

From the Thomas R. Cole Collection

THE EXPEDITION OF MONSIEUR DE MONTIGNY TO NEWFOUNDLAND IN 1705

 

 

From Ghislain Malette, NAC, 5 March 1990 [4140-90-CM-CP/8456]
RAPQ 1922-23, pages 290-298.

L'EXPÊDITION DE M. DE MONTIGNY A TERRENEUVE EN 1705

Jacques Testard de Montigny! Voilà un nom peu connu dans notre histoire et qui, pourtant, mériterait d'être glorifié presque à l'égal de celui de Pierre LeMoyne d'Iberville, qui l'initia aux rude méthodes de guerre en usage dans la Nouvelle-France.

Testard de Montigny, pendant ses trente-cinq années de service dans les troupes du détachement de la marine, donna bien de coups aux ennemis de son pays; il en reçut auusi un certain nombre puisqu'il fut blessé quarante fois dans ses différentes campagnes.

Jacques Testard de Montigny, né à Montréal le 23 février 1663, était le fils d'un brave officier originaire de Rouen. Envoyé en France pour y faires ses études, il entra dans l'armée et servit dans un régiment de dragons.

De retour dans la Nouvelle-France, un peu avant 1690, M. de Montigny servit en qualité d'officier volontaire dans l'expédition entreprise contre Corlar. Les commandants de cette troupe de braves étaient MM. d'Ailleboust de Menteht et LeMoyne de Sainte-Hélène. On connait le succès de cette campagne.

En 1696, Pierre LeMoyne d'Iberville, qui s'y connaissait en hommes, choisissait M. de Montigny comme un de ses principaux lieutenants dans le compagne dont il était chargé contre le fort de Pémaquid et les établissements anglais de Terreneuve.

Nous empruntons à M. l'Abbé Daniel le récit de cette première expédition de M. de Montigny à Terreneuve. On verra par ces lignes qu'il fallait des hommes bien trempé pour accomplir de pareils exploits:

"Après avoir délivré l'Acadie du voisinage des Anglais, par la destruction de Pémaquid, que l'on mit deux jours à raser de fond en comble, d'Iberville, en exécution des ordres de la Cour, se mit en devoir de rendre le même service à Terreneuve. En conséquence, il fit voile pôur l'ile Royale et, de là, vint moullier dans la baie de Plaisance. Il conduisant avec lui M. de Montigny qu'il avait fait son lieutenant. Après s'être concerté, non sans peine, avec M. de Brouillan, gouverneur de Plaisance, il partit pour Saint-Jean, M. de Brouillan d'un côté, et lui de l'autre.

"M. de Montigny avait ordre d'aller à la rencontre du premier, et, pour lui faciliter la route, de pendre possession des hauteurs par où il devait passer. C'est alors qu'ayant rencontré un parti anglais, il le tailla en pièces. Après avoir fait sa jonction avec les deux commandants, il fut mis à la tête de l'avant-garde. Le poste était des plus périlleux; d'une part, les chemins étaient affreux, car on était en plein hiver, et de l'autre, on pouvait être surpris à tout instant par l'ennemi qui était instruit de la marche des Français.

"Pour faire face à toutes les éventualités, l'intrépide officier, après avoir fait distribuer à ses hommes des rations pour plusieurs jours, commanda de marcher en order de bataille. La précaution n'était pas inutile. Il n'avait encore fait que quelques lieues, lorsqu'il se trouva en face d'un nombreux détachement anglais, retranché derrière des fascines et couvert par les bois, Il fallait lui passer sur le corps, ou périr. Communiquant alors à sa petite troupe l'ardeur qui l'anime, M. de Montigny fond sur l'ennemi l'épée à la main. Reconnaissant qu'il n'avait pas assez de monde pour le déloger, il prolonge l'attaque, et par la sagesse de ses habiles manœuvres, donne à M. d'Iberville le temps d'arriver. Sorti vainqueur de cette lutte inégale, il continua sa marche sur Saint-Jean. Par sa position avantageuse sur l'Océan et protégée qu'elle était par de hautes montagnes, cette place était du plus grand prix pour les Anglais. Aussi firent-ils tous leurs efforts pour la défendre. Mais apprenant que le parti envoyé à la rencontre des Français avait été défait, et voyant que déjà deux des forts étaient tombés aux mains d'Iberville, le commandant du fort, qui tenait encore, se décida à capituler. Toutes les maisons furent réduites en cendres et la garnison renvoyée en Angleterre. Ce brillant fait d'armes avait été l'affaire de deux jours. Entrée dans la ville le 28 novembre 1696, l'armée en était maïtresse le 30, n'ayant perdu que peu de monde.

"Après cette glorieuse conquête, jugeant qu'elle serait sans résultats tant qu'il n'aurait pas chassé les Anglais du reste du pays, d'Iberville, de concert avec ses autres officiers, se résolut à enlever les autres places. Pour son compte, M. de Montigny à la tête de douze Canadiens déterminés comme lui se jeta sur Portugalcove et l'emporta de vive force. S'étant adjoint quelques autres guerriers, il se rendit de là, malgré le verglas et les neiges, à la baie de la Conception, distante de vingt-cinq lieues. Il y arriva en un jour et demi, C'est alors qui, traversant une revière où il perdit son épée, il faillit périr. Plus de neuf cents prisonniers furent le trophée de cette pénible mais fructueuse campagne. N'ayant ni assez de monde pour les garder, ni assez de place pour les contenir, force fut de les acheminer vers la Nouvelle-Angleterre et de repasser en Canada. "

En 1705, M. de Montigny fit une nouvelle expédition à Terreneuve. C'est celle dont nous donnons dans ces pages la relation écrite par lui-même.

De 1705 à 1737, année de sa mort, M. de Montigny continua à servir. Ses nombreux exploits lui valurent la croix de Saint-Louis, qui, à cette époque, n'était accordée qu'à ceux qui se distinguaient.

M. de Montigny décéda à Montréal le 10 juillet 1737. Il était à sa mort captaine dans les troupes du détachement de la marine.

Le Père Jésuite de Charlevoix, qui ne prodiguait pas les éloges, a écrit de M. Testard de Montigny:

"M. de Montigny, chevalier de l'ordre militaire de Saint-Louis, est célèbre dans les fastes de la colonie. C'était un captaine pour le moins aussi estimable pour sa probité et son caractère plein de droiture, que pour sa valeur et ses exploits de guerre. "

MONTIGNY

From Ghislain Malette, NAC, 5 March 1990 [4140-90-CM-CP/8456]

RAPQ 1922-23, pages 290-298.

THE EXPEDITION OF MONSIEUR DE MONTIGNY TO NEWFOUNDLAND IN 1705

Jacques Testard de Montigny! Here is a name little known in our history which, nevertheless, deserves to be glorified almost equally as much as Pierre LeMoyne d'Iberville, who introduced severe methods of war to be used in New France.

Testard de Montigny, during his thirty five years of service in the troops of the naval detachment, dealt many blows to the enemies of his country; he received a number of them in return as he was wounded forty times in his different campaigns.

Jacques Testard de Montigny, born in Montreal the 23rd of February, 1663, was the son of a brave officer from Rouen. Sent to France for his studies, he entered the army and served in a dragoon regiment.

Back in New France, shortly before 1690, Monsieur de Montigny served in the capacity of a volunteer officer in the expedition undertaken against Corlar. The commanders of this brave troop were Monsieur d'Ailleboust de Menteht and Monsieur LeMoyne de Sainte-Hélène. We know of the success of that campaign.

In 1696, Pierre LeMoyne d'Iberville, who was a good judge of men, chose Monsieur de Montigny as one of his principal lieutenants in the campaign with which he had been charged against the fort at Pémaquid and the English establishments in Newfoundland.

We borrow from Father Daniel the account of this first expedition of Montigny in Newfoundland. We will see in these lines that it required well hardened men to accomplish comparable exploits.

"After having delivered Acadia from the vicinity of the English, by the destruction of Pémaquid which took two days to raze from top to bottom, d'Iberville, executing the orders of the Court, prepared to render the same service in Newfoundland. Consequently, he set sail for Royal Island and once there, dropped anchor in Placentia Bay. He brought with him Monsieur de Montigny whom he had made his lieutenant. After taking counsel, not without difficulty, with Monsieur de Brouillon, governor of Placentia, he left for St. John's, Monsieur de Brouillan in one direction, and he in the other.

"Monsieur de Montigny had orders to go to meet the commander, and to make his route easier by taking possession of the heights in the area where he was to pass through. Then, meeting an English party, he cut it to pieces. After having joined forces with the two commanders, he was made head of the advance guard. The command was among the most perilous; on one hand, the roads were horrible as it was the middle of winter, and on the other hand, they could be surprised at any instant by the enemy who had learned of the march of the French.


"In order to face any eventuality, the dauntless officer, after distributing several days rations to his men, commanded them to march in battle formation. The precaution was not needless. They had only gone several leagues when they found themselves faced with a sizable English detachment entrenched behind the brush and hidden in the woods. It was necessary to pass through this corps, or perish. Communicating to his little troop the fervor which drove them, Monsieur de Montigny swooped down on the enemy, sword in hand. Realizing that he didn't have enough men to dislodge them, he prolonged the attack, and by the wisdom of his skillful maneuvers, gave Monsieur d'Iberville time to arrive.

Emerging the victor of this uneven fight, he continued his march on St. John's. With its advantageous position on the ocean, protected as it was by high mountains, this place was a great prize for the English. They made every effort to defend it. But learning that the party sent to meet the French had been defeated, and seeing that two forts had already fallen into the hands of d'Iberville, the commander of the fort, who still held it, decided to capitulate. Every house was reduced to cinders and the garrison returned to England. This brilliant feat of arms had been the work of two days. Entering the city on the 28th of November, 1696, the army was master of it on the 30th, having lost but a few men.

"After this glorious conquest, judging that it would be without results unless the English were chased from the remainder of the country, d'Iberville, in agreement with his other officers, resolved to liberate the other places. For his part, Monsieur de Montigny, at the head of twelve Canadians as determined as he, attacked Portugal Cove and took it by sheer force. Having joined with several other warriors, he left there, despite the ice and snow, for Conception Bay, twenty five leagues distant. He arrived there a day and a half later. It was then, crossing a river where he lost his sword, that he nearly perished. More than nine hundred prisoners were the trophy of this hard but fruitful campaign. Having neither enough men to guard them, nor enough space to hold them, he was forced to set them on their way toward New England and to pass through Canada again."

In 1705, Monsieur de Montigny made a new expedition to Newfoundland. It is that one which we present in these pages, the statement written by himself.

From 1705 to 1737, the year of his death, Monsieur de Montigny continued to serve. His numerous exploits earned him the Cross of Saint Louis, which, at that time, was awarded only to those who distinguished themselves.

Monsieur de Montigny died in Montreal the 10th of July, 1737. At the time of his death, he was captain of troops in the naval detachment.

The Jesuit Father of Charlevoix, who was not lavish of praise, wrote of Monsieur Testard de Montigny:

"Monsieur de Montigny, Chevalier of the Military Order of Saint Louis, is famous in the reaches of the Colony. He was a captain at least as estimable for his integrity and his honesty as for his valor and feats of war."


Translated from French by Nancy Rawlinson, Southern Pines, North Carolina

Note from Nancy:
There were only a few misspellings in the first French document, nothing that could throw me off. Something that might be of interest to you is the "wholeness" (for lack of a better word) of the French language. You had expressed some concern that the documents might be difficult to translate due to French Canadian dialects and the age of the documents. As I was translating the first one, it occurred to me that Canada and Newfoundland were just starting to be colonized around the time the document was written so there would have been little time for a French Canadian dialect to develop. Consequently, the document is written in what I would term modern French. The French language was standardized in the early to mid 1600s when Cardinal Richelieu established the French Academy whose primary concern was to purify the language. There have been few changes since then. The Academy still exists and every year reviews any additions to the language or changes in meaning to words. I found it interesting that I could understand something written almost 300 years ago better than I could understand some of the French Canadians I've spoken with over the years!


JOURNAL DU SR DE MONTIGNY, COMMANDANT UN PARTI DE CANA-
DIENS ET SAUVAGES AU NOMBRE DE 72 HOMMES, LE LONG DE LA
COTE DES ANGLAIS, APRÈS AVOIR ACCOMPAGNÉ MR DE
SUBERCASE, GOUVERNEUR DE PLAISANCE, JUS-
QU'AU PORT DE FORILLON, REVENANT
DE ST JEAN, JUSQU'AU 13e MARS 1705
_______


Après avoir levé le siège de St-Jean le 5 mars, après avoir pris les ordres et congé de Mr de Subercase et la revue faite de ma petite trooupe joyeuse avec d'une bonne ... qui aurait été infaillible si j'eusse quitté Mr de Subercase de St-Jean ou Béboul, parce que j'aurais primé les envoyés par le gouverneur de St-Jean, ce qui a donné lieu aux habitants des côtes de se sauver avec leurs biens.

Je me suis donc mis en marche le 15e mars, en dessien d'aller brûler et détruire les baies, ports et habitations de la Conception, Trinité, Carbonière et Bonneviste, ce que j'ai accompli avec les sujets du Roi qui m'avient été confiés par la grâce de Dieu, et je fis, le premier jour, sept lieues au travers des bois et des montagnes, routes très fatigantes.

Le 16, je fis sept lieues et demie et j'aperçus le fond de la baie de la Conception.

Le 17, je fis deux lieues le matin ; j'arrivai à la mer où je trouvai un petit havre qui n'était habité que de deux maisons dans lesquelles je trouvai 6 hommes et 4 femmes et enfants avec des vivres suffisamment pour refraicher ma troupe qui commençait d'en manquer ; je laissai ces maisons sans les brûler, de crainte de me faire découvrir aux habitants de cette baie, et me contentai d'emmener les prisonniers.

Le 18, je m'acheminai du matin par terre et me rendis au havre Meyne, distant de deux lieues; il ya avait 6 habitations dans lasquelles je ne trouvai que 6 hommes et 8 femmes et enfants, le reste des habitants ayant abandonné depuis deux jours et emporté ce qu'ils avaient de meilleur en charrois et chaloupes, sur les nouvelles qu'ils avaient reçues du gouverneur de St-Jean qu'ils pourraient être attaqués de nombre de Sauvages et de Canadiens. Je séjournaie ce jour-là dans ce havre où j'occupai mes gens avec les prisonniers à raccomander trois chaloupes, afin de suivre ma route par mer le long de cette baie et afin d'éviter des chemins tout à fait impraticables et par les mêmes raisons de ne me faire dêcouvrir. Je n'ai rien fait brûler jusques à mon retour; sur les dix heures du soir, nous embarquêmes dans trois chaloupes avec tous les prisonniers.


Le 19, nous fimes route pour le havre de Portegreve où nous rendimes à la pointe du jour, d'un temps calme, et nous étant débarqués sans être découverts,, je fis investir 25 habitations qu'il y avait, et, sur le signal que je donnai, elles furent tourtes surprises d'un même tempes et je fis 58 prisonniers avec 38 femmes et enfants, sans avoir perdu aucun homme; les prisonniers me rapportèrent qu'il y avait que quatre jours que 60 hommes avec quantité de femmes et d'enfants s'étaient sauvés dans des baies éloignées, par mer, avec leur butin, sur les avis qu'ils avaient reçus du gouverneur de St-Jean. Je ne laissai pas cependant de tourver quantité de vivres que je laissai ordre au sieur la Vallière de charger dans dix chaloupes et je partis sur l'heure, avec sept hommes, pour aller prendre un brigantin, à trois lieues de ce havre, où allant je fis rencontre de 8 hommes qui venaient en chaloupe à la découverte. Je les pris, avec 8 autres qui étaient dans le brigantin, et je ne pus rejoindre ce jour-là ma troupe à cause du mauvais temps.

Le 20 de mars, le vent m'étant devenu favorable, je me rendis à Portegreve où je trouvai encore mes gens, et, sans predre de temps, je leur fis charger ce même jour le d. brigantin de vivres que je laissai en garde, ainsi que les d. chaloupes, au sr Linctot avec 30 hommes et tous les prisonniers et, sur les dix heures du soir, je m'embarquai avec 40 hommes dans trois chaloupes pour aller prendre le havre Carbonnière.

le 21,,j'arrivai à Carbonnière au point du jour, et, après avoir fait ma decente sans être découvert, je fis investir les habitations et après avoir donné le signal de l'attaque il ne se trouva personne qu'un vieillard et un enfant, lequel me rapporta que, sur les avis reçus de St-Jean, tous les habitants s'étaient retires depuis cinq jours, avec leurs familles et domestiques et tour leur butin, sur une ile qui est à une demi-lieue au large, ainsi que tous les habitants et familles de quatre autres havres circonvoisins et qu'il faisaient tous ensemble sur la'd. île le nombre de 300 hommes armés et 200 femmes ou enfants avec 8 piéces de canons, et l'île accessible qu'à une seule pointe sous le d. canon; qu'ils fallait même pour le débarquement un temps calme à cause des brisants de la mer contre des rocherrs escarpés. Ce même jour, au matin, je détachai le s. de Bellestre avec 14 hommes pour aller se rendre maîtres du havre de Grâce que j'avais laissés à une lieue et demie derrière, afin de surprendre celui de Carbonniére. Le sr de Bellestre s'étant rendu maitre de ce havre cù il y avait 12 habitations, dans lesquelles il ne se trouva que dix hommes, qu'il amena le même jour, et 18 femmes et enfants qui ne nous auraient été qu'à charge, lui ayant été rapporté que tout le reste avait abandonné ; ce même jour, sur le soir, j'envoyai le d.sr de Bellestre à l'ile de Carbonnière sommer le commandant de se rendre sous l'obéissance du Roi, à faute de quoi je brûlerais le havre dont j'étais le maitre et ne manquerais de les aller attaquer sitôt que le temps me le permettrait. Il ne parut pas fort éloigné d'obéir à ma sommation, en promettant de répondre positivement après avior tenu leur conseil.


Le 22, au martin, je renvoyai le sr de Bellestre,afin d'être informé de leur résolution. Ils firent résponse qu'ils étaient 300 hommes armés qui ne manquaient point de munitions, avec huit pièces de canons, quantité de vivres et résolus de se bien défendre, outre qu'ils étaient bien persuadés qu'il m'était impossible de faire aucune descente sous leur canon, sans perdre la plus grande partie de ma petite troupe, quand même la mer me le permettrait, étant le seul endroit à pouvoir faire descente. Après cette réponse, à leur vue, je fis mettre le feu à toutes les maisons, magasins, chafaux, charrios et chaloupes et fis jeter tout leur sel à la mer, ce qui n'émêcha point ma petite bande de séjourner jusqu'au 25, dans l'attente d'un tempes favorable, afin de les pouvoir aller attaquer sur l'ile, ayant pour cet effet envoyé un ordre au sr de Linctot de brûler Portegreve incessamment et de me venir joindre avec 30 hommes et les bâtiments chargés de vivres au havre de Grâce où je lui donnais rendez-vous vis-à-vis l'ile de Carbonnière. Ce même jour, j'occcupai mes gens à brûler le d. havre de Grâce et le sr de Linctot me joignit le soir.

Le 26, voyant que le temps devenait encore plus mauvais, je fus obligé de partir avec mon brigantin et mes chaloupes pour me regdre au harve de Bevert, éloigné de 12 lieues de l'ile de Carbonnière. Je reçus un coup de vent si violent que nous fûmes obligés de nous séparer et furent heureusement avorter en différents endroits. La nuit nous ayant surpris, ce qui m'inquiéta beaucoup, quoique j'eusse quatre officiers expérimentés dispersés dans les chaloupes sur lesquels je comptais beaucoup. Enfin, elles se rejoignirent le lendemain et moi je restai au large avec le charroi à courir bord sur bord jusqu'au 27.

Le 28, le vent s'étant rangé favorable, au matin, je me trouvai vis-à-vis Bevert, en risque de périr par le gros temps; je fus néanmoins assez heureux de pouvoir enter et tout ce qui m'a pu sauver ce fut trois ancres que je fis jeter en même temps, lesquelle eurent beaucoup de peine â m'empêcher de chasser. Je trouvai toute ma bande ramassée qui avait perdu deux chaloupes dont le monde s'était sauvé qui me dirent que les habitants s'étaient refugiés sur l'ile de Carbonniére. Je fis en même temps mettre le feu par tout le harve.

Le 29, je me rendis par terre au harve du Vieil Pélican éloigné de deux lieues, et n'y trouvai que 38 hommes et 18 femmes et enfants ; j'avais laissé ordre au sr de la Vallière de me venir joindre avec les brigantins et les chaloupes. Il y avait 12 lieues par mer. Ce même jour, je laissai le harve du Vieil-Pélican au sr de Bellestre et 28 hommes, avec ordre d'y raccommoder deux grandes chaloupes afin d'en enlever les vivres, ce qu'il exécuta pendant que je me mis en marche vers les dix heures du soir, par terre, afin d'aller prendre les harve de Canso, Célicove et Neuf-Pélican dans lesquels je pris 56 hommes et 45 femmes et enfants, la plus grosse partie s'étant sauvée du côté de Bonneville, et apres avoir brûlé toutes les masion de ces trois ports et fait jeter tous les sels à la mer.

Le 31, je fus rejoindre M. de Bellestre au Vieil-Pélican où je fus trés mortifié d'apprendre que M. de la Valliére n'était point encore arrivé avec les brigantins et les chaloupes ; pendant que j'était à faire charger les deux charrios qu'avait fait raccommoder le sr de Bellester, je vis arriver le sr la Valliére et toutes ses chaloupes.

Le 2 avril, je séjornai à cause du mauvais temps.

Le 3e, sur l'avis que j'avais qu'il y avait 50 hommes qui s'étaient retranchés et forttifiés au nord de la baie de la Son, éloignée de 12 lieues du Vieil-Pelican, je m'embarquai avec 20 hommes dans deux chaloupes et traversai la baie.

Et le 4, sur les neuf heures du matin, j'arrivai et n'y trouvai que trois habitations avec 24 hommes, 7 femmes et enfants, lesquels n'étaient point fortifiés, comme l'on me l'avait assuré, et je fus arrêté dans ce harve jusqu'au sept du mauvais temps d'où je partis aprés avoir fait mettre toutes les trois maison en feu et je me rendis le soir au portage de Béboul où j'avais donné ordre au sr de Bellestre de se rendre avec les brigantins, les chaloupes et charrios ; je le trouvai arrivé avec les chaloupes sans pouvoir me donner aucune nouvelle de ce que pouvaient êtré devenus les charrios et les brigantins.

Le lenemain matin, 8e, le mauvais temps ne me permettant point de les aller chercher je fis décharger mes chaloupes et fis commencer à travailler à un chemin de trois quarts de lieue au travers des bois afin d'y traîner les chaloupes et notre butin pour nous rendre dans la baie de Carmel, du côté de Plaisance ; je m'occupi à faire travailler, trainer et porter jusqu'au 11 avril.

Le 11, je partis avec 6 hommes dans une chaloupe et fus pendant 9 jours à faire le tour des baies anglaises sans pouvoir apprendre aucunes nouvelles des brigantins et des charrois ; j'avais une extrême apprehension qu'il ne leur fût arrivé quelque chose.

Le 19 au soir,comme j'avais de ma tournée au portage de Beboul, je fus agreablement surpris d'apercevoir d'un peu loin le brigantin et les charrios qui y étaient arrives le matin, tout le monde ressentit beaucoup de joie de se voir rassemblé ayant été neuf jours séparés. Ils ne laissèrent pas de traverser le portage toutes les chaloupes et le reste du butin.

La niut du 20, nous eûmes un si gros temps que malgré mes soins je pensai perdre brigantins et charrios puisqu'ils vinrent à la côte.

Le 22, je fis partir le sr de Bellestre pour porter des nouvelles de tout ce que j'avais pu faire dans ma champage à Mr de Subercase, gouverneur ; jelui envoyai seulement six prisonniers n'ayant nulle envie de le fatiguer d'un aussi grand nombre dont j'étais chargé; le vent et la mer étant calmes, je fis sauver tout ce qu'il me fut possible du butin resté dans le charroi et le brigantin, ce que je fis transporter de l'autre côté du portage, qui donne dans la baie qui va à Plaisance.

Le ler mai, je vis arriver MM. de Villedonné et Bellestre qui m'apportèrent des nouvelles et des ordres de Mr de Subercase de continuer à ravager les côtes des Anglais jus ques à Bonneviste ainsi que je lui avais demandé. Ce même jour M. le gouverneur m'envoya un brigantin commandé par le sieur Sourillon, afin d'enlever le butin que nous avoins fait aux Anglais et nous fûmes occupés à le charger jusqu'au 7e mai que le sr Sourillon partît et ramena notre missionnaire après nous avoir donné l'absolution. Il emmena avec lui 12 Sauvages pour l'accompagner en Canada.


Le 8 mai, je séjournai à Béboul de mauvais temps ; après-midi, le temps s'étant mis au beau, suivant les ordres de M. de Subercase, après avoir compté mon monde que je trouvai au nombre de 61 y compris 4 officiers, je me mis à la mer d'un vent favorable et j'arrivai à Archise, éloigné de 9 lieues de Béboul.

Le 10, j'en partis d'un temps calme et j'arrivai à une lieue de la Trinté, éloignée de 12 lieue d'Archise, et les glaces m'ayant empêché de passer outre je détachai le sr de Villedonné avec les srs Bellester et de la Valliére pour s'aller rendre maitres des harves de la Trinité, Saumecave et harve nommé Anglais.

Le 11, je séjournai sans avoir de nouvelles de M. de Villedonné.

Le 12, le vent de terre ayant poussé les glaces au large, je me hazardai de passer et j'arrivai heureuesement à la Trinité ou je trouvai le sr Villedonné qui m'amena 36 hommes et 14 femmes et entant qu'il avait fait prisonniers dans ces trois harves s'étant sauvés de (?) depuis huit jours quantité d'hommes, de femmes et d'enfants qui avaient emporté par mer tous leurs vives et leur butin.

Le 13, voyant que les glaces ne me permettaient point de continuer ma route par mer, du côté de Bonneviste, je m'acheminai par terre avec mon détachement et je fis huit lieues au travers des montagnes et passai plusieur rivières très profondes et je campai à la baie de la Grande-Cateline.


Le 14, je partis à la pointe du jour et fimes 7 lieues où je rencorai plus de rivières que le jour précédent et me rendis à une demi-lieue de Bonneviste où je fis coucher toute ma troupe et j'envoyai trois hommes avec les sr Linctot faire la découverte du harve à la pointe du jour. Je le fis investir et fis attaquer toutes les maisons tout à la fois au signal que je donnai mais il ne se trouva personne s'étant tous retires sur une île distante d'un lieue de ce harve, ayant été avertis depuis 15 jours par le gouverneur de Saint-Jean. Je fus extrêmement surpris de voir toutes les maisons et magasins dénués de vivres, ce qui commença à alarmer ma troupe qui jeûnait depuis deux jours et souffrait avec beaucoup de patience dans l'espérance que je leur avais donné d'en trouver a Bonnevisite en abondance. Les ennemis avaient eu le soin de déménager toutes choses et de les transporter à 15 lieues du côté du Petit-Nord, croyant par ce moyen nous empêcher de vivre ou nous obliger á nous éloigner d'eux afin de chercher à subsister ailleur ; me voyant réduit à une telle extrémité, je detachai dix hommes des meilleurs chasseurs avec le sr de la Morandière pour courir la champage et chercher à tuer quelque caribou pour nous faire vivre, en attendant que j'eus fait raccommder de mauvaises chaloupes pour aller attaquer les ennemis sur i'ile. Nos chasseurs, après avoir couru la campagne pundant huit heures, par un nonheur extraordinaire, firent rencontre de12 vaches que les ennemis n'avaient pu attrapere, étant devenues sauvages, ce qui obligea le sr de la Morandière à les faire tuer à coups de fusil et m'en ayant envoyé une petite partie, je détachai 20 hommes pour aller chercher le reste, ce qui nous rejouit beaucoup et nous fîmes bonne chère sans pain ni vin ni eau-de-vie. Les ennemis n'ayant jusqu'alors aucune connaissance que nous occupassions leurs maisons dont je tenais les porter fermées après avoir fait un detachement de quelques Sauvages pour aller vis-a-vis de cette ile, sur le soir il se detacha une chaloupe armée de 14 hommes pour venir chercher 6 pèices de canons pour les porter sur l'ile, et comme ils etaient près de se debarquer la trop grande ardeur d'un de mes Sauvages nous fit découvrir à la chaloupe qui reprit le large en même temps, ce qui me causa beaucoup de chagrin de prendre une occasion si favorable d'étre instruit de l'état des forces de cette ile ; les Sauvages s'étant séparés m'amenèrent un des principaux de l'ile qu'ils surpriren comme il venait découvrir s'il ne verrait personne dans le harve, nous attendant de jour en jour. Ce prisonnier m'ayant informé de l'état de l'île et qu'ils n'étaient que 126 hommes armés et 6 femmes et quequels enfants avec 4 pièces de canon en batterie et des munition et bien retranchés à tous les débarquements et le reste des familles s'étaient sauvées du côté du Petit-Nord d'où ils attendaient 150 hommes qui étaient à la chasse, cela me fit continuer de travailler avec plus d'empressement à raccommoder des chaloupes.

Le 16, sur les huit heures du matin, il arriva au harve une chaloupe avec pavillon blanc ; je les laissai approcher. Ils demandèrent si c'était le sr Montigny qui commandait ce parti, se souvenant qu'il avait déjà par le passé détruir toute la côte de Terreneuve avec M. d'Iberville. Il leur fut répondu que oui. Ils me demandèrent s'il n'y avait pas moyen d'obtenir de ne pas brûler le harve ; je leur fis réponse que j'étais venu dans le dessein de le brûler et que mon dessein était d'aller, en peu, me rendre maître de leur île et d'y arborer le pavillon français, et m'ayant assuré qu'ils étaient résolus de se bien battre, je leur fis dire que j'en aurais plus de gloiree et qu'ils n'avaient qu'à s'en retourner ; pour lors, îls me demandèrent un officier pour deux heures pour les garanitir d'aucune insulte des Sauvages que j'avais dispersés du long de la côte et afin de répéter toutes mes intentions à tous ceux qui étaient sur l'île et me laissèrent un otage, ce qui me fit plaisir dans la confiance que j'avais que le sr de Bellestre que j'avais détaché me rencrait compte à son retour de la situation de la d. île et des endroits faciles à débarquer, ce qu'il fit ayant fait connaître aux Anglais, en présence de ma troupe, que quoiqu'ils fussent supérieurs que je n'étais pas venu de si loin sans emporter la pièce. Aussitôt mes Canadiens et Sauvages répondirent qu'ils aimaient mieux périr que de ne pas se rendre maitres de leur île, ne demandant point de quartier et qu'ils feraient point lorsqu'ils auraient tant fait que d'aller à eux ; l'empressement qu'ils marquèrent avoir de finir cette expédition fit qu'ils se mirent à travailler aux chaloupes avec des gallets de bois, n'en ayant trouvé aucun de fer dans le harve ; cela étonna si fort les Anglais de cette chaloupe qu'ils me promirent de revenir le soir me faire savoir leur dernière résolution, ce que je leur accordai à charge qu'ils m'amèneraient les huit prinicipaux de qu'île et à quoi ils ne manquèrent pas. Ils s'étonnèrent fort de voir trois chaloupe prêtes, ce qui leur fit comprendre qu'ils n'avaient guère le temps de se reconnaître et qu'ils feraient mieux de se rendre sous mon obéissance espérant par cet endroit que je leur accorderais plus de douceur qu'en résistant. Sur leur parole, je pris six des prinicipaux et je renvoyai les deux autres avec les srs de Bellestre et Morandière, officiers,et dix hommes afin de ramasser les armes et les munitions qui étaient sur l'île et d'y établir un corps de garde à la batterie du canon et de m'envoyer le tiers des prisonniers, ce qui fut fait le même jour.


Le lendemain, 17, je détachai le sr de Villedonné avec dix-huit hommes pour joindre les dix autres et pour relever les autres officiers avec ordre de se faire rendre toutes les armes et de les rompre et jeter à la mer avec ordre d'y mettre pavillon français et de m'envoyer les Anglais qui y restaient à la réserve de dix hommes qu'il retint pour lui servir en cas que les chasseurs arrivassent. Je restai dans le harve avec 34 hommes à garder les prisonniers que j'avais fait mettre dans deux maisons. Le 18 au matin, je fis mettre le feu à toutes les maisons, magasins, chafaux et chaloupes à la réserve de six maisons que je leur laissai pour les mettre à couvert et fis jeter à la mer une furieuse quantité de sel qu'il leur avait été impossible d'emporter, aussi bien que 6 pièces de canons que je fis enclouer ; l'après-midi, je m'embarquai avec mes gens pour aller à l'île y joindre le sr de Villedonné où après avoir bien remarque et visité la situation de cette île, je fis enclouer le canon qui était en batterie et le fis jeter à la mer avec tous les boulets et poudres. Sur le soir, après avoir fait ma provision de vivres pour mon retour, je m'embarquai avec tout mon monde dans trois grandes chaloupes. Je me trouvai le lendemain, 19, à huit heures, avoir fait 18 lieues vis-à-vis le harve de la Trinité où je fis mettre à terre afin de brûler le harve avec ceux de Saumecauves et un autre nommé Anglais.

Le 20, nous embarquâmes au matin et nous 22 lieues, nous fûmes nous coucher dans une baie nommé Lasson, sûr de l'avis que j'avais eu d'y trouver 100 hommes ; je n'y trouvai que les maisons lesquelles je fis brûler. Le lendemain, sur le soir, j'aperçus deux fumées dans le bois où je fus moi-même accompagné de M. Villedonné et dix hommes, où je trouvai 18 Anglais armés avec dix femmes et 8 enfants que j'emmenai.

Le 22, je partis à 11 heures du matin ; passant vis-à-vis d'Archise, je donnai ordre au sr de Villedonné d'en aller brûler les maisons avec son détachement et de se rendre ensuite au portage de la baie de Beboul, lieu de notre rendez-vous pour retourner à Plaisance. Ce même jour, je fis une traversée de 12 lieues avec le reste de ma troupe et arrivai sur le soir au Vieil-Pélican où je retrouvai tous les prisonniers que j'avais laissés sur la parole, qu'il ne serait fait aucun mal à leur personne.

Le 23, après avoir fait mettre le feu à toutes les habitations et fait jeter leur sel à la mer, je m'embarquai afin de me rendre au portage de Béboul où je trouvai le sr de Villedonné arrivé à bon port avec tous le Sauvages.

Le 24, je fis décharger les vivres de mes chaloupes et d'un charroi que quelqu'un de mes Sauvages restés derrière avaient pris et amenés eux-mêmes sans aucun secours de Français ni d'Anglais, les propriétaires du charroi s'étaient enfuis à la reserve d'un qu'ils tuèrent, n'ayant pas été aussi pressé que les autres.

Je fus arrêté au portage jusqu'au trois juin à transporter nos vivres et faire trainer deux chaloupes jusqu'à la baie de Carmel qui est une baie qui nous conduit à Plaisance ; ce long séjour donna le temps à tout le monde de se reposer.


Le 4, le vent nous étant devenu favorable nous nous embarquâmes dans six chaloupes pour nous retirer à Plaisance ; vers les 10 herues nous nous trouvâmes environ à trois lieues de l'île Rouge. Nous fûmes pris d'un coup de vent de nord qui nous obligea d'ancrer, sans quoi nous étions tous en risque de périr, puisque toutes nos chaloupes étaient presque pleines des coups de mer qu'elles avaient reçus. Nous séjournâmes, ainsi que le 5e, à raccommoder nos chaloupes et à faire sécher nos vivres et nos hardes.

Le 6, la mer étant devenue belle et le vent favorable, nous nous rendîems à Plaisance où je rendis compte à Mr de Subercase des expeditions que je venais de faire depuis le 15 mars que j'avais pris congé de lui à Forillon dont il me témoigna être fort satisfait ainsi que de ma troupe qui avait été cinq mois dans les bois, sans relâche, n'ayant nuls rafrîchissements que ceux qu'ils pouvaient prendre sur l'ennemi (1).
----------

(1) Archives de la province de Québec.


JOURNAL OF MONSIEUR DE MONTIGNY, COMMANDER OF A PARTY OF CANADIANS AND NATIVES NUMBERING 72 MEN, ALONG THE ENGLISH COAST, AFTER HAVING ACCOMPANIED MONSIEUR DE SUBERCASE, GOVERNOR OF PLACENTIA, UP TO THE PORT OF FORILLON AND RETURNING TO ST. JOHN'S, UP THROUGH THE 13TH OF MARCH 1705.

After having raised the siege of St. John's on the 5th of March, after having taken orders and leave of Monsieur de Subercase and the review made of my joyful little troop with a good (?) which would have been certain if I had left Monsieur de Subercase of St. John's at Bay Bulls, because I would have overtaken the messengers of the governor of St. John's, who had given shelter to the coastal residents to save themselves and their possessions.

I then set out on the 15th of March with the plan of going to burn and destroy the bays, ports and dwellings of Conception, Trinity, Carbonear and Bonavista, which I accomplished with the King's subjects who were entrusted to me by the grace of God, and on the first day I made seven leagues across woodlands and mountains, very tiring routes.

The 16th, I made seven and a half leagues and sighted the bottom of Conception Bay.


The morning of the 17th, I made two leagues; I arrived at the sea where I found a small harbor with only two houses in which I found six men and four women and children with rations sufficient to refresh my troop which had begun to want; I left these houses without burning them, in fear of being discovered by the residents of this bay and contented myself with bringing along the prisoners.

The morning of the 18th, I set out aground and returned to Harbor Main, two leagues distant. There were six dwellings in which I found only six men and eight women and children, the rest of the residents having abandoned their homes two days earlier, taking with them their best belongings in carts and longboats, at the news they had received from the governor of St. John's that they could be attacked by a number of natives and Canadians. I spent that day in the harbor occupying my men, as well as the prisoners, with repairing three longboats in order to follow my sea route along this bay and in order to avoid totally impractical roads and for the same reasons to not be discovered. I burned nothing until my return; at ten o'clock at night, we embarked in three longboats with all the prisoners.

The 19th, we made way to the harbor of Port de Grave where we returned at daybreak, in calm weather, and we landed without being discovered. I besieged twenty five residences that were there and, at the signal I gave, they were completely surprised all at once and I took fifty eight prisoners with thirty eight women and children without losing any men. The prisoners reported to me that four days earlier there had been sixty men and a number of women and children who left by sea for distant bays with their belongings on the advice that they had received from the governor of St. John's. I did not permit the finding of rations and gave orders to Sir la Vallière to load up ten longboats and I left on the hour with seven men to take a brigantine three leagues distant from this harbor; in going I met eight men who were discovered in a longboat. I took them, along with eight others who were on the brigantine and was not able to rejoin my troop that day due to bad weather. The 20th of March, the wind having become favorable, I returned to Port de Grave where I found my men again and without losing time I made them load that same day the said brigantine with rations that I had left guarded, along with the said longboats, by Sir Linctot with thirty men and all the prisoners, and at ten o'clock at night I embarked with forty men in three longboats to go to take the harbor at Carbonear.


The 21st, I arrived at Carbonear at dawn, and after having made my descent without being discovered, I went to invade the dwellings and after having given the signal to attack, found no one but an elderly man with an infant who informed me that on the advice received from St. John's, all the residents had departed five days earlier with their families and servants and all their possessions to an island a half a mile in length, as well as all the residents and families of four other neighboring harbors and that all together on that island they numbered three hundred armed men and two hundred women or children with eight cannons and the island accessible at one single point beneath the said cannons; that calm weather was necessary for a landing because of breakers against the sheer rocks. That same day in the morning, I detached Sir de Bellestre with fourteen men to take possession of Harbor Grace which I had left a league and a half behind in order to surprise that of Carbonear. Sir de Bellestre , having taken possession of that harbor where there were twelve dwellings in which he found only ten men, who he brought back the same day, and eighteen women and children who had not been in our charge, having reported to him that the rest had fled; that same day in the evening, the said Sir de Bellestre at the island of Carbonear summoned the commander to surrender to the King, at whose fault I burned the harbor of which I had taken possession and would not fail to attack them as soon as time permitted. It did not appear difficult to obey my summons, as they promised to respond positively after having taken their counsel.

The morning of the 22nd, I sent back Sir de Bellestre in order to be informed of their decision. They responded that they were three hundred armed men who did not lack for ammunition, with eight cannons, a good quantity of rations and resolved to defend themselves well, besides which they were very convinced that it would be impossible for me to make any descent beneath their cannons without losing the greater part of my little troop even if the sea permitted me to do it, this being the only location for making a landing. After this response, in their view, I set fire to all the houses, shops, firewood, carts and longboats and threw all their salt into the sea which did not deter my little band from staying until the 25th waiting for favorable weather in order to be able to attack them on the island, having to this effect sent an order to Sir de Linctot to burn Port de Grave without delay and to come join me with thirty men at the buildings loaded with rations at Harbour Grace where I gave him a meeting place facing the island of Carbonear. That same day, I occupied my people with burning the said Harbour Grace and Sir de Linctot joined me in the evening.

The 26th, seeing that the weather was becoming worse, I was obliged to leave with my brigantine and my longboats to return to the harbor at Bay de Verde, twelve leagues distant from the island of Carbonear. I received a gust of wind so violent that we were obliged to separate and to abort in different locations. Nightfall surprised us which worried me greatly as I had four experienced officers dispersed among the longboats on whom I relied heavily. Finally they reunited the following day and me, I stayed at large with the cart to travel coast to coast until the 27th.

The 28th, the wind having become favorable earlier that morning, I found myself opposite Bay de Verde, at risk of perishing in bad weather; I was nevertheless fairly happy to be able to stop there and all that could save me was three anchors which I had thrown at the same time and which did much to prevent me from the chase. I found my entire band gathered together who had lost two longboats from which all had been saved and who told me that the residents were refuged on the island of Carbonear. At the same time, I set fire to the entire harbor.


The 29th, I returned by land to the harbor of Old Perlican two leagues distant and found only thirty eight men and eighteen women and children; I had left orders to Sir de Vallière to come join me with the brigantines and longboats. He had been twelve leagues away by sea. That same day, I left the harbor of Old Perlican to Sir de Bellestre and twenty eight men with orders to repair two large longboats in order to take away the provisions, which he executed while I set out around ten o'clock at night on foot in order to go take the harbors of Canso, Scilly Cove and New Perlican in which I took fifty six men and forty five women and children, the largest part having sheltered themselves at the coast at Bonneville, and after having burned all the houses in these three ports and thrown all the salt into the sea.

The 31st, I rejoined Sir de Bellestre at Old Perlican where I was very mortified to learn that Sir de la Vallière had not yet arrived with the brigantines and longboats; while I was loading the two carts that had been repaired by Sir de Bellestre, I saw Sir de la Vallière and all his longboats arrive.

On the 2nd of April, I stayed there due to inclement weather.

The 3rd, on the news that I had that there were fifty men who had re-entrenched themselves and fortified the northern part of the Bay de la Son, twelve leagues distant from Old Perlican, I embarked with twenty men in two longboats and crossed the bay.

And the 4th, at nine o'clock in the morning, I arrived and only found there three dwellings with twenty four men, seven women and children, which had not at all been fortified as I had been assured, and I was stopped at this harbor until the 7th by bad weather and I left from there after having set fire to all three houses, I returned that evening to the port at Bay Bulls where I have given orders to Sir de Bellestre to return with his brigantines, the longboats and carts; I found him arrived with the longboats without being able to give me any news of what could have become of the carts and the brigantines.

The next morning, the 8th, the bad weather did not permit me to go find them. I had the longboats unloaded and made a start to work on a road of three quarters of a league in length across the woods in order to drag the longboats and our ammunition through them to put us in the Bay of Carmel, on the coast at Placentia; I occupied myself with working, dragging and carrying up until the 11th of April.

The 11th, I left with six men in a longboat and made a nine day tour of the English bays without being able to learn any news of the brigantines and carts; I had an extreme fear that something had happened to them.

The evening of the 19th, as I had my turn at portage from Bay Bulls, I was pleasantly surprised to perceive a short way off the brigantine and the carts which had arrived there that morning, everyone feeling much joy at being reunited, having been separated for nine days. They did not leave from crossing the portage with all the longboats and the rest of the spoils.

The night of the 20th, we had had weather so miserable that in spite of my cares I thought we would lose the brigantines and carts as they followed the coast.


The 22nd, I made Sir de Bellestre depart to take the news of all that I had been able to do in my campaign to Monsieur de Subercase, governor; I sent him only six prisoners not having any desire to tire him with as great a number as with which I was charged; the wind and the sea being calm, I saved all that I was able to of the spoils still in the carts and the brigantine and which I had transported to the other side of the portage which led into the bay leading to Placentia.

On May 1st, I saw Sir de Villedonné and Sir de Bellestre arrive who brought me some news and orders from Monsieur de Subercase to continue to ravage the English coast all the way to Bonavista as I had already asked of him. That same day the governor sent me a brigantine commanded by Sir Sourillon in order to remove the spoils which we had taken from the English and we occupied ourselves which loading it up until the 7th of May when Sir Sourillon left and carried away our missionary after having given us absolution. He took with him twelve Natives to accompany him into Canada.

The 8th of May, I stayed at Bay Bulls because of bad weather; in the afternoon, the weather having become nice, following the orders of Monsieur de Subercase, after having counted my men who I found to number sixty one, including four officers, I set sail under a favorable wind and arrived at Archise, nine leagues distant from Bay Bulls.

The 10th I left during calm weather and arrived a league away from Trinity, twelve leagues distant from Archise, and the ice having prevented my passing further, I detached Sir de Villedonné along with Sir Bellestere and Sir de la Vallière to go take possession of the harbors of Trinity, Salmon Cove and the harbor named English.

The 11th, I stayed without having news from Sir de Villedonné.

The 12th, the wind off the land having pushed much of the ice away, I attempted to pass through it and I arrived happily at Trinity where I found Sir de Villedonné who brought me thirty six men and fourteen women, in so far as he had made prisoners in these three harbors, who had sheltered themselves from (??) for the last eight days a number of men, women and children who had carried by sea all their valuables and booty.

The 13th, seeing that the ice would not permit me to continue my sea route along the coast of Bonavista, I made my way on ground with my detachment and made eight leagues across the mountains and passed several very deep rivers and made camp at the bay of Grand Catalina.


The 14th, I left at daybreak and made seven leagues where I discovered more rivers than the preceding day and I found myself a half a league from Bonavista where I made my entire troop spend the night and sent three men with Sir de Linctot to scout the harbor at daybreak. I made him encircle and attack all the houses all at once at the signal that I gave but he found no one as all had retreated to an island one league distant from this harbor, having been alerted fifteen days earlier by the governor of St. John's. I was extremely surprised to see all the house and stores denuded of food, which began to alarm my troop who had not eaten in two days and suffered with much patience in the hope that I had given them to find abundant food in Bonavista. The enemies had taken care to remove everything and transported it all fifteen leagues away to the coast of Petit-Nord, believing that by this means we would be prevented from living and would be obliged to distance ourselves from them in order to find subsistence elsewhere; seeing myself reduced to such an extreme, I detached ten of my best hunters with Sir de la Morandière to scour the countryside to seek and kill several caribou to make food for us. While waiting I had repaired some damaged longboats repaired for going to attack the enemies on the island.

Our hunters, after having run the countryside for eight hours, by an extraordinary stroke of fortune, discovered twelve cows that the enemy wasn't able to catch and which had become wild, which obliged Sir de Morandière to kill them with gunshots and, having sent a small party back to me, I detached twenty men to go find the rest which gladdened us much and we ate well without either bread or brandy. The enemy, not having up until then any knowledge the we occupied the houses as I kept the doors closed, after having sent a detachment of several Natives to go opposite this island. At nightfall they detached a longboat with an army of fourteen men to come look for the six cannons to take back to the island and as they were close to landing, the overly great zeal of one of my Natives gave us away in our longboats which escaped at the same time, which caused me much chagrin to lose such a favorable opportunity to be instructed as to the state of forces for this island; the Natives having separated themselves, brought me one of the leaders of the island that they had surprised while he was trying to discover whether he could see anyone in the harbor, waiting for us day after day. This prisoner having informed me of the state of the island and that they were only one hundred twenty six armed men and six women and several children with four cannons in firing position and ammunition well entrenched at all the landing points and that the rest of the families had taken shelter at the coast of Petit-Nord where they waited for one hundred and fifty men who were away hunting which made me continue to work with even more haste to repair the longboats.


The 16th, at eight o'clock in the morning, there arrived in the harbor a longboat with a white flag; I let them approach. They demanded if it was Monsieur de Montigny who commanded this party, remembering that he had already in the past destroyed the entire coast of Newfoundland with Monsieur d'Iberville. They were told yes. The asked me if there were any means of preventing the burning of the harbor. I told them that I had come with the plan of burning it and that my plan was to go take possession of their island and to hoist the French flag there, and having assured me that they were resolved to do battle, I told them that I would have more glory of it than they would have and that they had only to surrender. As such, they demanded of me an officer for two hours to guarantee them of no injury from the Natives that I had dispersed along the coastline and in order to repeat my intentions to all those who were on the island and to leave me a hostage which gave me pleasure in the confidence that Sir de Bellestre would apprise me upon his return of the situation on the said island and of easy places to land which he did, having made it known to the English in the presence of my troop that whatever their superiority that I had not come from so far without prevailing over the whole. Immediately my Canadians and Natives replied that they would prefer to perish than to not take possession of their island, would demand no quarter and that they would do little when they would have done so much rather than go over to them; the willingness that they showed to be finished with this expedition was reflected in their work on the longboats using wooden planks, having been unable to find any iron ones in the harbor. This astonished the English so much about the longboat that they promised to return that evening to let me know their final decision, which I granted them on the condition that they bring back to me the eight leaders of the island and that none should be left out. They were amazed to see three ready longboats which made them understand that they had hardly any time to reconnoiter and that they would do better to surrender themselves to me, hoping by this move that I would accord them more mercy than if they resisted. On their word, I took six of the leaders and sent back two others with Sir de Bellestre and Sir de la Morandière, officers, and ten men in order to collect the arms and ammunition which were on the island and to establish there a guardhouse for the battery of cannons and to send back to me one third of the prisoners, which was done that same day.

The next day, the 17th, I detached Sir de Villedonné with eighteen men to join the other ten and to relieve the other officers with the orders to bring back all the arms, destroy them and throw them into the sea, with the order to put up the French flag and to send me the Englishmen who remained there with a reserve of ten men who would be retained to serve him in case the hunters arrived. I stayed in the harbor with thirty four men to guard the prisoners that I had placed in two houses. The morning of the 18th I burned all the houses stores, (??) and longboats except for six houses that I had left them for shelter and threw into the sea an enormous quantity of salt which had been impossible for them to bring along, as well as six cannons that I had to spike ; in the afternoon, I departed with my men to go to the island to join up with Sir de Villedonné where after having well observed and visited the situation of the island, I had the cannon in the battery spiked and threw it into the sea with all its cannonballs and powder. In the evening, after having made provision for food for my return, I departed with all my men in three large longboats. The next day, the 19th, I found myself at eight o'clock to have made eighteen leagues opposite Trinity Harbor where I landed in order to burn the harbor along with those of Salmon Cove and another named English Harbor.

The 22nd, I left at eleven o'clock in the morning; passing opposite Archise, I gave the order to Sir de Villedonné to burn the homes there with his detachment and to go directly afterwards to the portage at Bay Bulls, site of our rendez-vous for the return to Placentia. The same day, I made a crossing of twelve leagues with the rest of my troop and arrived in the evening at Old Perlican where I found all the prisoners that I had left on my word that no harm would come to their persons.

The 23rd, after having set fire to all the dwellings and having thrown all their salt into the sea, I departed in order to return to the portage at Bay Bulls where I found that Sir de Villedonné had arrived safely in the harbor with all the Natives.


The 24th, I unloaded the supplies from the longboats and one cart that some of my Natives who had stayed behind had taken and brought back by themselves without any help from the French or the English, the owners of the cart having fled except for one that they had killed, not having been as hurried as the others.

I had stopped at the portage until the 3rd of June to transport our supplies and to haul two longboats as far as the bay of Carmel which is a bay which takes us to Placentia; this long delay gave everyone time to rest.

The 4th, the wind having become favorable to us, we departed in six longboats to return to Placentia. Around ten o'clock we found ourselves about three leagues from Red Island. We were hit with a gust of wind from the north that forced us to weigh anchor, without which we would have all been at risk of perishing since all our longboats were nearly full from the blows they had received from the sea. We stayed over until the 5th to repair our longboats and to dry out our supplies and our clothes.

The 6th, the sea having become beautiful and the wind favorable, we returned to Placentia where I gave an account to Monsieur de Subercase of the expeditions that I had just come from since the 15th of March; I took leave of him at Forillon and he gave witness to being highly satisfied with me as well as my troop who had been in the woods for five months without respite, having no refreshment other than that which we had been able to take from the enemy. (1)

(1)Provincial Archives of Quebec.


Note by Translator:

It is finished now and I hope you'll enjoy the translation. Wherever possible I inserted the English names of various places. Some of them I didn't know so I left them in the French. Also, you will find that Montigny rambles on in places and his sentences are a bit wild. I tried to stay as close to the original document as possible and only changed his structure when it needed clarity.

Enjoy!
Cheers,
Nancy

 

 

Page translated from French by Nancy Rawlinson, Southern Pines, North Carolina. (September 2000)
Page revised: Oct. 2002 (Terry Piercey)

Recent Updates Contact Us


Search through the whole site
Hosted by
Chebucto Community Net

Your Community, Online!
www.downhomer.com
by Downhomer.com
JavaScript DHTML Menu Powered by Milonic
Newfoundland's Grand Banks is a non-profit endeavor.
No part of this project may be reproduced in any form for any purpose other than personal use.

© Newfoundland's Grand Banks (1999-2016)